Dans l’épisode précédent de cette série, j’ai examiné l’impact disruptif de l’index de startup AngelList.

L’un des secteurs chamboulés par la boîte de Naval Ravikant est le capital risque: les fameux venture capitalists, ou VCs.

Le défaut évident de ce type d’index est la restriction aux entreprises financées par les VCs.

Leur avantage tout aussi évident est que le fait de figurer sur une telle liste constitue pour une startup un gage de sérieux. Un gage relatif, évidemment.

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La saga d’Iliad — celle de Xavier Niel, pas celle d’Homère — suggère que les processus de sélection mis en oeuvre par les VCs permettent d’incorporer un élément d’information supplémentaire dans un index.

Niel possède son propre fonds de capital risque : Kima Ventures. La capacité d’accueil de son portefeuille se situe actuellement à 350. La première chose que je remarque à propos de la liste actuelle, c’est que Kima a investi dans AngelList, et que le programme Kima15 (150K dollars pour 15% des actions, disponibles en moins de 15 jours), est directement accessible à partir de la plateforme d’AngelList.

Le second trait remarquable saute peut-être moins directement aux yeux. En inspectant les choses de plus près, il apparaît que les startups choisies par Kima obtiennent automatiquement l’accès à un pack d’outils pour soutenir leur croissance. Au sein de ce pack, une partie substantielle des outils provient de startups financées par Kima.

En d’autres termes, il est a priori probable qu’une startup listée par Kima soit symbiotique avec d’autres startups listées par Kima. Les produits de cette startup se trouvent dans une certaine mesure dans une relation organique et complémentaire avec ceux d’autres startups. Une startup listée par Kima a tendance à faire partie d’une organisation plus grande. Elle est davantage susceptible de s’insérer dans le schéma d’une vision produit plus large.

L’ADN d’Iliad suggère que cet aspect ne relève pas de l’accident. Dès le début des années 2000, Xavier Niel a préféré assurer le contrôle de ses sociétés à travers une structure de holding centrée sur Iliad. Contrôler une multiplicité de petites entreprises de cette manière permet, du moins en France, d’éviter l’obligation d’ajouter des couches de gestion bureaucratiques supplémentaires à une organisation. Naturellement, le fait de réduire la part de management bureaucratique s’accompagne d’une part accrue de compétition interne.

Kima Ventures peut ainsi être vue comme une généralisation de l’approche adoptée par Iliad pour organiser la création de valeur, avec une entité centrale axée sur l’optimisation du processus de sélection. Ce point est confirmé par les dernières fonctionnalités mises en place par Kima, qui concernent le tracking du statut des candidatures. L’axe adopté par Kima constitue une étape logique en vue de maintenir la pertinence de la fonction VC dans un monde où se développe le crowdfunding.

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