[Cet article a été publié dans sa version intégrale dans l’édition française de la Harvard Business Review]

L’économiste Adam Smith a identifié trois facteurs clés de la croissance économique : la main d’œuvre, le capital et les ressources. Alors que la première et la seconde révolution industrielle ont surtout permis d’augmenter la productivité et d’optimiser la répartition du capital, la troisième révolution industrielle va permettre de mieux exploiter les ressources matérielles et immatérielles. Notamment parce que de nouveaux services permettent de pallier la sous-utilisation des ressources dans de plus en plus de domaines. Apple puis Spotify ont changé la façon d’écouter de la musique, Amazon d’acheter des livres, Airbnb de se loger, Uber de se déplacer…

L’ambition est d’identifier les ressources utilisées par les particuliers et les entreprises, de repérer ce qui n’est pas optimal, et de repenser le système dans son ensemble en tirant parti des technologies numériques. Par exemple, en ce qui concerne les talents, comment les technologies numériques révolutionneront la façon dont les entreprises vont mobiliser les travailleurs ayant les compétences requises, le temps d’un projet ? Les talents sont-ils une ressource comme les autres ? Et si oui, l’entreprise moderne va-t-elle revenir à une forme de marché des talents (avec location des compétences), le tout soutenu par les technologies numériques ? Sommes-nous à l’aube d’une uberisation des métiers de l’entreprise ? Ce néologisme d’« uberisation » fait référence à la valorisation d’actifs matériels ou immatériels sous-utilisés via une plateforme numérique, entraînant au passage une réorganisation de la chaîne de valeur historique. Or si cela touche aujourd’hui les taxis, les hôtels et les banques, ce sera bientôt le cas pour tout type de ressource humaine, et donc potentiellement pour tous les métiers de l’entreprise, signant ainsi la fin du salariat.

 

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