{"id":5290,"date":"2018-02-07T10:00:53","date_gmt":"2018-02-07T09:00:53","guid":{"rendered":"http:\/\/open-organization.com\/?p=5290"},"modified":"2018-02-07T10:00:53","modified_gmt":"2018-02-07T09:00:53","slug":"francais-the-nature-of-the-firm-une-breve-histoire-intellectuelle-du-concept-dentreprise","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/open-organization.com\/en\/2018\/02\/07\/francais-the-nature-of-the-firm-une-breve-histoire-intellectuelle-du-concept-dentreprise\/","title":{"rendered":"(Fran\u00e7ais) The Nature of the Firm &#8211; une br\u00e8ve histoire intellectuelle du concept \u00ab\u00a0d\u2019entreprise\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"<p class=\"qtranxs-available-languages-message qtranxs-available-languages-message-en\">Sorry, this entry is only available in <a href=\"https:\/\/open-organization.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5290\" class=\"qtranxs-available-language-link qtranxs-available-language-link-fr\" title=\"Fran\u00e7ais\">Fran\u00e7ais<\/a>. For the sake of viewer convenience, the content is shown below in the alternative language. You may click the link to switch the active language.<\/p><p>[et_pb_section bb_built=&#8221;1&#8243;][et_pb_row][et_pb_column type=&#8221;4_4&#8243;][et_pb_text]<\/p>\n<pre>R\u00e9sum\u00e9\n\n<em>Pourquoi les entreprises existent elles\u00a0?\u00a0Les \u00e9conomistes essayent de r\u00e9pondre \u00e0 cette question depuis le d\u00e9but du XXe si\u00e8cle. Nous pr\u00e9sentons ici cinq courants de pens\u00e9e qui ont structur\u00e9 cette r\u00e9flexion\u00a0: (i) la th\u00e9orie des co\u00fbts de transactions (Coase)\u00a0; (ii) la th\u00e9orie de l\u2019incertitude radicale (Knight)\u00a0; (iii) la th\u00e9orie de la collaboration (Alchian et Demsetz)\u00a0; (iv) la th\u00e9orie des incitations (Holmstrom et Milgrom)\u00a0; (v) et le paradigme \u00e9volutionniste (Nelson et Winter).<\/em><\/pre>\n<h4>Introduction<\/h4>\n<p>La question de la nature de l\u2019entreprise est essentielle lorsque l\u2019on s\u2019int\u00e9resse, de pr\u00e8s ou de loin, \u00e0 la transformation digitale des organisations. Celle-ci modifie profond\u00e9ment les entreprises, et de nouvelles formes d\u2019organisations, les <em>organisations ouvertes<\/em>\u00a0 \u00e9mergent. Penser les diff\u00e9rences entre ces nouvelles organisations ouvertes, et les entreprises traditionnelles implique toutefois d\u2019identifier les permanences.<\/p>\n<blockquote class=\"wp-embedded-content\" data-secret=\"gRr03sNLmd\"><p><a href=\"https:\/\/open-organization.com\/fr\/2017\/12\/05\/francais-towards-open-organizations\/\">Towards Open Organizations \u00ae<\/a><\/p><\/blockquote>\n<p><iframe class=\"wp-embedded-content\" sandbox=\"allow-scripts\" security=\"restricted\" style=\"position: absolute; clip: rect(1px, 1px, 1px, 1px);\" title=\"\u00ab\u00a0Towards Open Organizations \u00ae\u00a0\u00bb &#8212; Open Organization\" src=\"https:\/\/open-organization.com\/fr\/2017\/12\/05\/francais-towards-open-organizations\/embed\/#?secret=gRr03sNLmd\" data-secret=\"gRr03sNLmd\" width=\"600\" height=\"338\" frameborder=\"0\" marginwidth=\"0\" marginheight=\"0\" scrolling=\"no\"><\/iframe><\/p>\n<p>Par exemple, on entend que la raison d\u2019\u00eatre de l\u2019entreprise est \u00ab d\u2019abaisser les co\u00fbts de transaction \u00bb. Ces termes de \u00ab co\u00fbts de transactions \u00bb font r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 un paradigme fameux, issu de l\u2019article de Ronald Coase <em>The Nature of the Firm<\/em>, publi\u00e9 en 1937. Cet article cherchait justement \u00e0 r\u00e9pondre, pour la premi\u00e8re fois, \u00e0 la question \u00ab pourquoi les entreprises existe-t-elle ?\u00bb.<\/p>\n<p>La transformation digitale permettant \u00ab d\u2019abaisser les co\u00fbts de transactions \u00bb \u00e0 z\u00e9ro, on pourrait \u00eatre amen\u00e9 \u00e0 penser qu\u2019il s\u2019agit donc de la fin pure et simple des organisations. Cependant, ce serait oublier que depuis 1937, au moins quatre autres courants de pens\u00e9e ont \u00e9merg\u00e9 chez les \u00e9conomistes pour expliquer l\u2019existence et la nature des entreprises.<\/p>\n<p>Dans l\u2019optique d\u2019identifier ces permanences, cet article vous propose un bref tour d\u2019horizon de ces diff\u00e9rentes \u00ab th\u00e9ories de la firme \u00bb, qui expliquent pourquoi, malgr\u00e9 la baisse de ces co\u00fbts de transactions, les organisations ne sont pas pr\u00eates de dispara\u00eetre.<\/p>\n<p>Mais d\u2019abord, d\u00e9finissons clairement les diff\u00e9rents termes de <em>firme<\/em>, d\u2019<em>entreprise<\/em>, et d\u2019<em>organisations<\/em>. Le terme le plus g\u00e9n\u00e9ral, l\u2019<em>organisation<\/em>, d\u00e9signe tout simplement un groupe d\u2019individus ayant un but collectif : ce peut \u00eatre une entreprise, un syndicat, une association, un parti politique, etc. La <em>firme<\/em> est avant tout un anglicisme, qui fait surtout r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la raison sociale (<a href=\"http:\/\/atilf.atilf.fr\/dendien\/scripts\/generic\/cherche.exe?15;s=317551755;;\">d\u00e9finition de l&#8217;Acad\u00e9mie fran\u00e7aise<\/a>), et donc \u00e0 la forme juridique de l\u2019organisation. En ce sens, la <em>firme<\/em> a une dimension statique, \u00e0 l\u2019inverse de l\u2019<em>entreprise<\/em>, qui d\u00e9signe la m\u00eame organisation, mais avec une connotation plus dynamique. L\u2019<em>entreprise<\/em> a un projet [lien vers l\u2019article sur le projet d\u2019entreprise], interagit avec son environnement.<\/p>\n<h4>Coase (<em>The nature of the firm<\/em>, 1937) : l\u2019existence des firmes est li\u00e9e aux co\u00fbts de fonctionnement du march\u00e9.<\/h4>\n<p>Pour Ronald Coase, l\u2019existence des firmes est li\u00e9e aux co\u00fbts de fonctionnements du march\u00e9. Pour chaque transaction sur un march\u00e9, il faut trouver l\u2019acheteur ou le vendeur, lui faire confiance, v\u00e9rifier la qualit\u00e9 du produit, attendre la livraison, etc. Ce sont des co\u00fbts de transaction, en termes de temps ou d\u2019argent. \u00c0 l\u2019inverse, \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la firme, \u00ab l\u2019entrepreneur-coordinateur \u00bb, qui dirige la production, se substitue \u00e0 l\u2019\u00e9change marchand. L\u2019allocation des ressources (qui dispose de quelle ressource pour produire) se fait par la relation d\u2019autorit\u00e9. Dans l\u2019organisation, un contrat de long terme (une relation d\u2019emploi) se substitue \u00e0 une multitude de contrats de court terme, ce qui r\u00e9duit consid\u00e9rablement les co\u00fbts de transaction. Les organisations existent donc car cela leur permet de ne pas faire face \u00e0 ces co\u00fbts de transactions.<\/p>\n<h4>Knight (<em>Risk, Uncertainty and Profit<\/em>, 1921) : l\u2019existence des firmes est li\u00e9e \u00e0 l\u2019incertitude<\/h4>\n<p>De mani\u00e8re un peu diff\u00e9rente, pour Knight, la nature de la firme est intimement li\u00e9e \u00e0 la diff\u00e9rence entre risque et incertitude, et \u00e0 une division du travail. Knight d\u00e9finit le risque comme une distribution de probabilit\u00e9 sur un ensemble d\u2019\u00e9v\u00e8nements connus \u00e0 l\u2019avance. Face au risque, on peut prendre des d\u00e9cisions. \u00c0 l\u2019inverse, dans un monde d\u2019incertitude radicale (par exemple, o\u00f9 l\u2019on ne connait pas l\u2019univers des \u00e9v\u00e8nements possibles), les \u00e9v\u00e9nements ne peuvent par d\u00e9finition pas \u00eatre pr\u00e9dits. Dans ce contexte, la fonction majeure de la firme consiste \u00ab \u00e0 d\u00e9cider que faire et comment le faire \u00bb (<a href=\"https:\/\/open-organization.com\/fr\/2013\/01\/20\/francais-assurer-linnovation-erreur-sur-le-concept\/\">un autre article de ce m\u00eame blog d\u00e9veloppe cette id\u00e9e plus avant<\/a>). Comme la firme ne peut pas se fonder (seulement) sur les probabilit\u00e9s, elle doit prendre ses d\u00e9cisions en fonction de son exp\u00e9rience accumul\u00e9e, que l\u2019on peut appeler savoir op\u00e9rationnel. Pour Knight, certains individus, dot\u00e9s de traits de caract\u00e8res particuliers et d\u2019un savoir op\u00e9rationnel plus d\u00e9velopp\u00e9, sont naturellement plus aptes \u00e0 d\u00e9cider, contr\u00f4ler et diriger les actions des autres. La pr\u00e9sence de l\u2019incertitude fait naturellement \u00e9merger une sp\u00e9cialisation des fonctions. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, les entrepreneurs, responsables, assumant les risques et r\u00e9cup\u00e9rant ainsi les profits. De l\u2019autre, les travailleurs, dont le revenu stable est garanti, en contrepartie d\u2019une relation de subordination. <em>\u00ab L\u2019essence de la firme est la sp\u00e9cialisation de la fonction de direction responsable de la vie \u00e9conomique, la caract\u00e9ristique n\u00e9glig\u00e9e \u00e0 partir de laquelle na\u00eet l\u2019ins\u00e9parabilit\u00e9 entre deux \u00e9l\u00e9ments : la responsabilit\u00e9 et le contr\u00f4le \u00bb<\/em>. Dans ce paradigme, la pr\u00e9sence de la firme \u00e9merge naturellement de l\u2019incertitude radicale du monde.<\/p>\n<h4>Alchian et Demsetz (<em>Production, information costs, and economic organization<\/em>, 1972) : l\u2019existence de la firme d\u00e9coule de l\u2019efficacit\u00e9 de la collaboration.<\/h4>\n<p>Certains auteurs estiment que l\u2019existence de la firme d\u00e9coule plut\u00f4t de l\u2019efficacit\u00e9 de la collaboration. Pour Alchian et Demsetz (1972), la caract\u00e9ristique principale de la firme est de favoriser la coop\u00e9ration de mani\u00e8re \u00e0 ce que la production soit sup\u00e9rieure \u00e0 la somme des efforts consentis. S\u2019organiser en \u00ab firme \u00bb plut\u00f4t que de recourir \u00e0 des relations marchandes induit donc un b\u00e9n\u00e9fice clair, le \u00ab surplus \u00bb de production provenant des effets de synergies du travail en \u00e9quipe. Cette organisation a pourtant un co\u00fbt : en collaborant en \u00e9quipe, on ne peut pas identifier l\u2019apport individuel de chacun. Tout le monde a donc int\u00e9r\u00eat \u00e0 b\u00e9n\u00e9ficier des efforts collectifs sans y contribuer. Plus la taille de \u00ab l\u2019\u00e9quipe \u00bb s\u2019agrandit, plus la proportion \u00e0 \u00eatre un \u00ab passager clandestin \u00bb augmente, diminuant d\u2019autant le surplus provenant du travail d\u2019\u00e9quipe. L\u2019existence de la firme provient donc de sa plus grande efficacit\u00e9 ; sa taille finie provient du compromis entre co\u00fbt et b\u00e9n\u00e9fice pour la firme.<\/p>\n<h4>Holmstrom et Milgrom (<em>The firm as an incentive system<\/em>, 1994) : la firme et le march\u00e9 sont deux syst\u00e8mes d\u2019incitations diff\u00e9rents<\/h4>\n<p>La th\u00e9orie des incitations, initi\u00e9e dans les ann\u00e9e 1990 par Holmstrom et Milgrom notamment, analyse les relations d\u2019agences entre les agents \u00e9conomiques. Cette th\u00e9orie sugg\u00e8re que l\u2019entreprise et le march\u00e9 sont deux syst\u00e8mes d\u2019incitations distincts, qui r\u00e9pondent chacun \u00e0 des besoins diff\u00e9rents. Chaque transaction, chaque relation de travail, engendre un ensemble de probl\u00e8mes de coordination. Par exemple, le salaire de A d\u00e9pend de l\u2019action de B, qu\u2019A ne peut pas observer. Ces auteurs consid\u00e8rent que la relation employeur-employ\u00e9 (l\u2019entreprise) et la relation contractuelle marchande sont deux syst\u00e8mes d\u2019incitations diff\u00e9rents pour aligner les int\u00e9r\u00eats des diff\u00e9rentes parties prenantes. Chacun de ces syst\u00e8mes est un m\u00e9lange particulier de trois instruments de coordination : l\u2019autorit\u00e9 ; le syst\u00e8me de r\u00e9mun\u00e9ration ; et la structure des droits de propri\u00e9t\u00e9. L\u2019existence de l\u2019entreprise provient donc de l\u2019existence de certaines situations, pour lesquelles le syst\u00e8me d\u2019incitation propre \u00e0 l\u2019entreprise est optimal : par exemple, la relation salariale, \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la firme, est optimal lorsque la nature du travail n\u00e9cessite de d\u00e9velopper des incitations \u00e0 l\u2019effort. En effet, cet effort est inobservable et on ne peut donc pas le contractualiser, c\u2019est \u00e0 dire sp\u00e9cifier par contrat quel doit \u00eatre le niveau d\u2019effort et pouvoir ainsi passer par le march\u00e9. Il faut donc d\u2019autres m\u00e9canismes d\u2019incitation : autorit\u00e9, culture d\u2019entreprise, etc.<\/p>\n<h4>Nelson et Winter (An evolutionary theory of economic change, 1981) : la th\u00e9orie cognitive et \u00e9volutionniste de l\u2019entreprise<\/h4>\n<p>Enfin, Nelson et Winter (1981) d\u00e9veloppent une vision \u00e9volutionniste et cognitiviste de l\u2019entreprise : les organisations d\u00e9veloppent de mani\u00e8re dynamique et conjointe leurs objectifs ainsi que les moyens pour y arriver. Dans cette optique, la firme est un r\u00e9pertoire de comp\u00e9tences humaines sp\u00e9cifiques. L\u2019une des particularit\u00e9s de l\u2019entreprise est de permettre ainsi la coordination interindividuelle des connaissances. Pour cela, l\u2019entreprise doit d\u00e9velopper des heuristiques, c\u2019est-\u00e0-dire des r\u00e8gles de conduite, des langages, des proc\u00e9dures susceptibles de faciliter la coordination entre les individus. C\u2019est le r\u00f4le des routines qui, en pr\u00e9sence d\u2019incertitude proc\u00e9durale, permettent aux individus d\u2019agir en suivant des comportements r\u00e9guliers ancr\u00e9s dans le pass\u00e9. Le paradigme cognitiviste, celui de Nelson et Winter, appr\u00e9hende la firme comme un lieu d\u2019agencement, de construction et de s\u00e9lection des <em>comp\u00e9tences<\/em>, mais aussi comme un lieu d\u2019acquisition, de production et de distribution des <em>connaissances<\/em> n\u00e9cessaires au maintien des comp\u00e9tences.<\/p>\n<h4>Vers de nouvelles th\u00e9ories de la firme?<\/h4>\n<p>On peut ainsi identifier 5 visions diff\u00e9rentes sur l\u2019origine des firmes : celles-ci sont fond\u00e9es sur les co\u00fbts de transactions (Coase), sur l\u2019incertitude (Knight), sur la collaboration (Alchian et Demsetz), sur les incitations (Holmstrom et Milgrom), et sur le paradigme \u00e9volutionniste (Nelson et Winter).<\/p>\n<p>En comparant l\u2019approche de Nelson et Winter avec celle de Coase, on peut remarquer que, de plus en plus, ces visions cherchent \u00e0 expliquer les interactions des organisations productives avec leur environnement (l\u2019entreprise), plut\u00f4t que leur existence classique (la firme). Poursuivant dans cette optique, on peut imaginer une th\u00e9orie de l\u2019entreprise comme organisme vivant \u2013 l\u2019adaptabilit\u00e9 \u00e0 l\u2019environnement par excellence.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">***<br \/>\n*<\/p>\n<pre>Cette br\u00e8ve histoire intellectuelle de la nature de l\u2019entreprise s\u2019est fond\u00e9e sur l\u2019article <a href=\"https:\/\/halshs.archives-ouvertes.fr\/halshs-01390114\">L\u2019arbitrage de l\u2019entreprise entre le travail salari\u00e9 et le travail ind\u00e9pendant : une r\u00e9flexion \u00e0 partir des th\u00e9ories \u00e9conomiques de la firme et de la relation d\u2019emploi<\/a> [in : Annexe B du chap. 1 du : Rapport La protection sociale des non-salari\u00e9s et son financement]<\/pre>\n<p>[\/et_pb_text][et_pb_post_nav _builder_version=&#8221;3.14&#8243; prev_text=&#8221;Previous article&#8221; next_text=&#8221;Next article&#8221; in_same_term=&#8221;on&#8221; background_color=&#8221;#3d59a1&#8243; title_font=&#8221;|800|||||||&#8221; title_text_color=&#8221;#ffffff&#8221; title_font_size=&#8221;15px&#8221; custom_padding=&#8221;10px|10px|10px|10px&#8221; border_radii=&#8221;on|5px|5px|5px|5px&#8221; border_width_all=&#8221;1px&#8221; border_color_all=&#8221;#3d59a1&#8243; saved_tabs=&#8221;all&#8221; custom_margin=&#8221;30px|||&#8221; global_module=&#8221;8506&#8243; \/][\/et_pb_column][\/et_pb_row][\/et_pb_section]<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"qtranxs-available-languages-message qtranxs-available-languages-message-en\">Sorry, this entry is only available in <a href=\"https:\/\/open-organization.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5290\" class=\"qtranxs-available-language-link qtranxs-available-language-link-fr\" title=\"Fran\u00e7ais\">Fran\u00e7ais<\/a>. For the sake of viewer convenience, the content is shown below in the alternative language. You may click the link to switch the active language.<\/p>\n<p>Pourquoi les entreprises existent elles? Nous pr\u00e9sentons ici cinq courants de la pens\u00e9e \u00e9conomique qui ont structur\u00e9 la r\u00e9flexion sur cette question.<\/p>\n","protected":false},"author":181,"featured_media":5292,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_et_pb_use_builder":"on","_et_pb_old_content":"<pre>R\u00e9sum\u00e9\n\n<em>Pourquoi les entreprises existent elles\u00a0?\u00a0Les \u00e9conomistes essayent de r\u00e9pondre \u00e0 cette question depuis le d\u00e9but du XXe si\u00e8cle. Nous pr\u00e9sentons ici cinq courants de pens\u00e9e qui ont structur\u00e9 cette r\u00e9flexion\u00a0: (i) la th\u00e9orie des co\u00fbts de transactions (Coase)\u00a0; (ii) la th\u00e9orie de l\u2019incertitude radicale (Knight)\u00a0; (iii) la th\u00e9orie de la collaboration (Alchian et Demsetz)\u00a0; (iv) la th\u00e9orie des incitations (Holmstrom et Milgrom)\u00a0; (v) et le paradigme \u00e9volutionniste (Nelson et Winter).<\/em><\/pre><h4>Introduction<\/h4><p>La question de la nature de l\u2019entreprise est essentielle lorsque l\u2019on s\u2019int\u00e9resse, de pr\u00e8s ou de loin, \u00e0 la transformation digitale des organisations. Celle-ci modifie profond\u00e9ment les entreprises, et de nouvelles formes d\u2019organisations, les <em>organisations ouvertes<\/em>\u00a0 \u00e9mergent. Penser les diff\u00e9rences entre ces nouvelles organisations ouvertes, et les entreprises traditionnelles implique toutefois d\u2019identifier les permanences.<\/p><p>https:\/\/open-organization.com\/fr\/2017\/12\/05\/francais-towards-open-organizations\/<\/p><p>Par exemple, on entend que la raison d\u2019\u00eatre de l\u2019entreprise est \u00ab d\u2019abaisser les co\u00fbts de transaction \u00bb. Ces termes de \u00ab co\u00fbts de transactions \u00bb font r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 un paradigme fameux, issu de l\u2019article de Ronald Coase <em>The Nature of the Firm<\/em>, publi\u00e9 en 1937. Cet article cherchait justement \u00e0 r\u00e9pondre, pour la premi\u00e8re fois, \u00e0 la question \u00ab pourquoi les entreprises existe-t-elle ?\u00bb.<\/p><p>La transformation digitale permettant \u00ab d\u2019abaisser les co\u00fbts de transactions \u00bb \u00e0 z\u00e9ro, on pourrait \u00eatre amen\u00e9 \u00e0 penser qu\u2019il s\u2019agit donc de la fin pure et simple des organisations. Cependant, ce serait oublier que depuis 1937, au moins quatre autres courants de pens\u00e9e ont \u00e9merg\u00e9 chez les \u00e9conomistes pour expliquer l\u2019existence et la nature des entreprises.<\/p><p>Dans l\u2019optique d\u2019identifier ces permanences, cet article vous propose un bref tour d\u2019horizon de ces diff\u00e9rentes \u00ab th\u00e9ories de la firme \u00bb, qui expliquent pourquoi, malgr\u00e9 la baisse de ces co\u00fbts de transactions, les organisations ne sont pas pr\u00eates de dispara\u00eetre.<\/p><p>Mais d\u2019abord, d\u00e9finissons clairement les diff\u00e9rents termes de <em>firme<\/em>, d\u2019<em>entreprise<\/em>, et d\u2019<em>organisations<\/em>. Le terme le plus g\u00e9n\u00e9ral, l\u2019<em>organisation<\/em>, d\u00e9signe tout simplement un groupe d\u2019individus ayant un but collectif : ce peut \u00eatre une entreprise, un syndicat, une association, un parti politique, etc. La <em>firme<\/em> est avant tout un anglicisme, qui fait surtout r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la raison sociale (<a href=\"http:\/\/atilf.atilf.fr\/dendien\/scripts\/generic\/cherche.exe?15;s=317551755;;\">d\u00e9finition de l'Acad\u00e9mie fran\u00e7aise<\/a>), et donc \u00e0 la forme juridique de l\u2019organisation. En ce sens, la <em>firme<\/em> a une dimension statique, \u00e0 l\u2019inverse de l\u2019<em>entreprise<\/em>, qui d\u00e9signe la m\u00eame organisation, mais avec une connotation plus dynamique. L\u2019<em>entreprise<\/em> a un projet [lien vers l\u2019article sur le projet d\u2019entreprise], interagit avec son environnement.<\/p><h4>Coase (<em>The nature of the firm<\/em>, 1937) : l\u2019existence des firmes est li\u00e9e aux co\u00fbts de fonctionnement du march\u00e9.<\/h4><p>Pour Ronald Coase, l\u2019existence des firmes est li\u00e9e aux co\u00fbts de fonctionnements du march\u00e9. Pour chaque transaction sur un march\u00e9, il faut trouver l\u2019acheteur ou le vendeur, lui faire confiance, v\u00e9rifier la qualit\u00e9 du produit, attendre la livraison, etc. Ce sont des co\u00fbts de transaction, en termes de temps ou d\u2019argent. \u00c0 l\u2019inverse, \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la firme, \u00ab l\u2019entrepreneur-coordinateur \u00bb, qui dirige la production, se substitue \u00e0 l\u2019\u00e9change marchand. L\u2019allocation des ressources (qui dispose de quelle ressource pour produire) se fait par la relation d\u2019autorit\u00e9. Dans l\u2019organisation, un contrat de long terme (une relation d\u2019emploi) se substitue \u00e0 une multitude de contrats de court terme, ce qui r\u00e9duit consid\u00e9rablement les co\u00fbts de transaction. Les organisations existent donc car cela leur permet de ne pas faire face \u00e0 ces co\u00fbts de transactions.<\/p><h4>Knight (<em>Risk, Uncertainty and Profit<\/em>, 1921) : l\u2019existence des firmes est li\u00e9e \u00e0 l\u2019incertitude<\/h4><p>De mani\u00e8re un peu diff\u00e9rente, pour Knight, la nature de la firme est intimement li\u00e9e \u00e0 la diff\u00e9rence entre risque et incertitude, et \u00e0 une division du travail. Knight d\u00e9finit le risque comme une distribution de probabilit\u00e9 sur un ensemble d\u2019\u00e9v\u00e8nements connus \u00e0 l\u2019avance. Face au risque, on peut prendre des d\u00e9cisions. \u00c0 l\u2019inverse, dans un monde d\u2019incertitude radicale (par exemple, o\u00f9 l\u2019on ne connait pas l\u2019univers des \u00e9v\u00e8nements possibles), les \u00e9v\u00e9nements ne peuvent par d\u00e9finition pas \u00eatre pr\u00e9dits. Dans ce contexte, la fonction majeure de la firme consiste \u00ab \u00e0 d\u00e9cider que faire et comment le faire \u00bb (<a href=\"https:\/\/open-organization.com\/fr\/2013\/01\/20\/francais-assurer-linnovation-erreur-sur-le-concept\/\">un autre article de ce m\u00eame blog d\u00e9veloppe cette id\u00e9e plus avant<\/a>). Comme la firme ne peut pas se fonder (seulement) sur les probabilit\u00e9s, elle doit prendre ses d\u00e9cisions en fonction de son exp\u00e9rience accumul\u00e9e, que l\u2019on peut appeler savoir op\u00e9rationnel. Pour Knight, certains individus, dot\u00e9s de traits de caract\u00e8res particuliers et d\u2019un savoir op\u00e9rationnel plus d\u00e9velopp\u00e9, sont naturellement plus aptes \u00e0 d\u00e9cider, contr\u00f4ler et diriger les actions des autres. La pr\u00e9sence de l\u2019incertitude fait naturellement \u00e9merger une sp\u00e9cialisation des fonctions. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, les entrepreneurs, responsables, assumant les risques et r\u00e9cup\u00e9rant ainsi les profits. De l\u2019autre, les travailleurs, dont le revenu stable est garanti, en contrepartie d\u2019une relation de subordination. <em>\u00ab L\u2019essence de la firme est la sp\u00e9cialisation de la fonction de direction responsable de la vie \u00e9conomique, la caract\u00e9ristique n\u00e9glig\u00e9e \u00e0 partir de laquelle na\u00eet l\u2019ins\u00e9parabilit\u00e9 entre deux \u00e9l\u00e9ments : la responsabilit\u00e9 et le contr\u00f4le \u00bb<\/em>. Dans ce paradigme, la pr\u00e9sence de la firme \u00e9merge naturellement de l\u2019incertitude radicale du monde.<\/p><h4>Alchian et Demsetz (<em>Production, information costs, and economic organization<\/em>, 1972) : l\u2019existence de la firme d\u00e9coule de l\u2019efficacit\u00e9 de la collaboration.<\/h4><p>Certains auteurs estiment que l\u2019existence de la firme d\u00e9coule plut\u00f4t de l\u2019efficacit\u00e9 de la collaboration. Pour Alchian et Demsetz (1972), la caract\u00e9ristique principale de la firme est de favoriser la coop\u00e9ration de mani\u00e8re \u00e0 ce que la production soit sup\u00e9rieure \u00e0 la somme des efforts consentis. S\u2019organiser en \u00ab firme \u00bb plut\u00f4t que de recourir \u00e0 des relations marchandes induit donc un b\u00e9n\u00e9fice clair, le \u00ab surplus \u00bb de production provenant des effets de synergies du travail en \u00e9quipe. Cette organisation a pourtant un co\u00fbt : en collaborant en \u00e9quipe, on ne peut pas identifier l\u2019apport individuel de chacun. Tout le monde a donc int\u00e9r\u00eat \u00e0 b\u00e9n\u00e9ficier des efforts collectifs sans y contribuer. Plus la taille de \u00ab l\u2019\u00e9quipe \u00bb s\u2019agrandit, plus la proportion \u00e0 \u00eatre un \u00ab passager clandestin \u00bb augmente, diminuant d\u2019autant le surplus provenant du travail d\u2019\u00e9quipe. L\u2019existence de la firme provient donc de sa plus grande efficacit\u00e9 ; sa taille finie provient du compromis entre co\u00fbt et b\u00e9n\u00e9fice pour la firme.<\/p><h4>Holmstrom et Milgrom (<em>The firm as an incentive system<\/em>, 1994) : la firme et le march\u00e9 sont deux syst\u00e8mes d\u2019incitations diff\u00e9rents<\/h4><p>La th\u00e9orie des incitations, initi\u00e9e dans les ann\u00e9e 1990 par Holmstrom et Milgrom notamment, analyse les relations d\u2019agences entre les agents \u00e9conomiques. Cette th\u00e9orie sugg\u00e8re que l\u2019entreprise et le march\u00e9 sont deux syst\u00e8mes d\u2019incitations distincts, qui r\u00e9pondent chacun \u00e0 des besoins diff\u00e9rents. Chaque transaction, chaque relation de travail, engendre un ensemble de probl\u00e8mes de coordination. Par exemple, le salaire de A d\u00e9pend de l\u2019action de B, qu\u2019A ne peut pas observer. Ces auteurs consid\u00e8rent que la relation employeur-employ\u00e9 (l\u2019entreprise) et la relation contractue\nlle marchande sont deux syst\u00e8mes d\u2019incitations diff\u00e9rents pour aligner les int\u00e9r\u00eats des diff\u00e9rentes parties prenantes. Chacun de ces syst\u00e8mes est un m\u00e9lange particulier de trois instruments de coordination : l\u2019autorit\u00e9 ; le syst\u00e8me de r\u00e9mun\u00e9ration ; et la structure des droits de propri\u00e9t\u00e9. L\u2019existence de l\u2019entreprise provient donc de l\u2019existence de certaines situations, pour lesquelles le syst\u00e8me d\u2019incitation propre \u00e0 l\u2019entreprise est optimal : par exemple, la relation salariale, \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la firme, est optimal lorsque la nature du travail n\u00e9cessite de d\u00e9velopper des incitations \u00e0 l\u2019effort. En effet, cet effort est inobservable et on ne peut donc pas le contractualiser, c\u2019est \u00e0 dire sp\u00e9cifier par contrat quel doit \u00eatre le niveau d\u2019effort et pouvoir ainsi passer par le march\u00e9. Il faut donc d\u2019autres m\u00e9canismes d\u2019incitation : autorit\u00e9, culture d\u2019entreprise, etc.<\/p><h4>Nelson et Winter (An evolutionary theory of economic change, 1981) : la th\u00e9orie cognitive et \u00e9volutionniste de l\u2019entreprise<\/h4><p>Enfin, Nelson et Winter (1981) d\u00e9veloppent une vision \u00e9volutionniste et cognitiviste de l\u2019entreprise : les organisations d\u00e9veloppent de mani\u00e8re dynamique et conjointe leurs objectifs ainsi que les moyens pour y arriver. Dans cette optique, la firme est un r\u00e9pertoire de comp\u00e9tences humaines sp\u00e9cifiques. L\u2019une des particularit\u00e9s de l\u2019entreprise est de permettre ainsi la coordination interindividuelle des connaissances. Pour cela, l\u2019entreprise doit d\u00e9velopper des heuristiques, c\u2019est-\u00e0-dire des r\u00e8gles de conduite, des langages, des proc\u00e9dures susceptibles de faciliter la coordination entre les individus. C\u2019est le r\u00f4le des routines qui, en pr\u00e9sence d\u2019incertitude proc\u00e9durale, permettent aux individus d\u2019agir en suivant des comportements r\u00e9guliers ancr\u00e9s dans le pass\u00e9. Le paradigme cognitiviste, celui de Nelson et Winter, appr\u00e9hende la firme comme un lieu d\u2019agencement, de construction et de s\u00e9lection des <em>comp\u00e9tences<\/em>, mais aussi comme un lieu d\u2019acquisition, de production et de distribution des <em>connaissances<\/em> n\u00e9cessaires au maintien des comp\u00e9tences.<\/p><h4>Vers de nouvelles th\u00e9ories de la firme?<\/h4><p>On peut ainsi identifier 5 visions diff\u00e9rentes sur l\u2019origine des firmes : celles-ci sont fond\u00e9es sur les co\u00fbts de transactions (Coase), sur l\u2019incertitude (Knight), sur la collaboration (Alchian et Demsetz), sur les incitations (Holmstrom et Milgrom), et sur le paradigme \u00e9volutionniste (Nelson et Winter).<\/p><p>En comparant l\u2019approche de Nelson et Winter avec celle de Coase, on peut remarquer que, de plus en plus, ces visions cherchent \u00e0 expliquer les interactions des organisations productives avec leur environnement (l\u2019entreprise), plut\u00f4t que leur existence classique (la firme). Poursuivant dans cette optique, on peut imaginer une th\u00e9orie de l\u2019entreprise comme organisme vivant \u2013 l\u2019adaptabilit\u00e9 \u00e0 l\u2019environnement par excellence.<\/p><p style=\"text-align: center;\">***<br \/>*<\/p><pre>Cette br\u00e8ve histoire intellectuelle de la nature de l\u2019entreprise s\u2019est fond\u00e9e sur l\u2019article <a href=\"https:\/\/halshs.archives-ouvertes.fr\/halshs-01390114\">L\u2019arbitrage de l\u2019entreprise entre le travail salari\u00e9 et le travail ind\u00e9pendant : une r\u00e9flexion \u00e0 partir des th\u00e9ories \u00e9conomiques de la firme et de la relation d\u2019emploi<\/a> [in : Annexe B du chap. 1 du : Rapport La protection sociale des non-salari\u00e9s et son financement]<\/pre>","_et_gb_content_width":"","_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[18,539,545,634,801,835,1163,1391],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/open-organization.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5290"}],"collection":[{"href":"https:\/\/open-organization.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/open-organization.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/open-organization.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/181"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/open-organization.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5290"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/open-organization.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5290\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/open-organization.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media\/5292"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/open-organization.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5290"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/open-organization.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5290"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/open-organization.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5290"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}